lundi 14 septembre 2026

Diocèse de Popokabaka : l’année pastorale 2026-2027 placée sous le signe du service et de la communion

 


Le diocèse de Popokabaka a officiellement ouvert son année pastorale 2026-2027, dimanche 13 septembre 2026, au cours d’une célébration eucharistique présidée en la cathédrale Sainte-Famille par l’Abbé Cyrille Ikomba Mankelele Mambi, Administrateur apostolique du diocèse. La célébration a notamment réuni les fidèles de la paroisse cathédrale Sainte-Famille et ceux de la paroisse Saint-Sauveur, autour de leurs prêtres, des personnes consacrées et des différents acteurs de la vie pastorale diocésaine.

Elle se leva et elle les servait (Lc 4, 39)

L’année pastorale 2026-2027 est placée sous le thème : « Elle se leva et elle les servait » (Lc 4, 39), avec comme orientation : « Au service de notre diocèse par la grâce du Christ ».


À travers cette parole tirée du récit de la guérison de la belle-mère de Simon, l’Administrateur apostolique invite toute la famille diocésaine à accueillir d’abord l’action du Christ qui relève, guérit et renouvelle, afin de transformer ensuite la grâce reçue en disponibilité et en service des autres.

Dans sa lettre pastorale adressée aux prêtres, religieux et religieuses, séminaristes, fidèles laïcs ainsi qu’aux hommes et femmes de bonne volonté, l’Administrateur apostolique rappelle que le Christ rejoint chacun dans ses fragilités et restaure la capacité de se donner. Ainsi, le service chrétien ne repose pas seulement sur les forces humaines : il jaillit de la rencontre avec le Christ et de la grâce reçue de lui. Chaque baptisé est donc invité à se demander : qu’ai-je reçu du Seigneur et comment puis-je le mettre au service des autres ?

Une Église diocésaine appelée à marcher dans l’unité


Dans son homélie, s’appuyant sur les lectures du 24ᵉ dimanche du Temps ordinaire (Si 27,30–28,7 ; Rm 14,7-9 et Mt 18,21-35), l’Abbé Cyrille Ikomba a particulièrement insisté sur le pardon, la réconciliation et la communion comme conditions d’un véritable renouveau pastoral. Il a rappelé la parole de saint Paul : « Aucun d’entre nous ne vit pour soi-même », soulignant que les ministères, les charismes, les compétences et les biens reçus trouvent leur fécondité lorsqu’ils sont mis au service de la communauté.

La présence autour du même autel des communautés de la cathédrale Sainte-Famille et de Saint-Sauveur a été présentée comme un signe de cette communion : « Nous ne sommes pas deux Églises ni deux peuples de Dieu. Nous sommes une seule famille diocésaine, rassemblée par le même Christ, nourrie du même Pain et appelée à la même mission », a souligné l’Administrateur apostolique.

Cette communion doit également devenir concrète dans les relations quotidiennes. Le diocèse est ainsi appelé à dépasser les rancunes, les rivalités et les divisions qui affaiblissent la mission. L’ouverture d’une nouvelle année pastorale doit aussi signifier l’ouverture d’un chemin de réconciliation : savoir se parler, reconnaître ses torts, demander pardon et accorder le pardon.

Servir au cœur des réalités concrètes de Popokabaka

L’orientation pastorale tient également compte des conditions concrètes dans lesquelles l’Église de Popokabaka accomplit sa mission.


L’Administrateur apostolique évoque notamment la précarité des conditions de vie de plusieurs prêtres, l’insuffisance des moyens de travail et de transport, les difficultés rencontrées par les populations ainsi que la détérioration des voies de communication dans ce diocèse essentiellement rural et enclavé. Ces difficultés, loin de conduire au découragement, doivent susciter davantage de solidarité, de créativité pastorale et de coresponsabilité.

Une attention particulière sera ainsi accordée à la proximité missionnaire. La revitalisation des communautés ecclésiales vivantes de base (CEVB) figure parmi les priorités de l’année. Dans les endroits où les distances rendent plus difficile la présence régulière des prêtres, ces communautés sont appelées à soutenir la prière, la catéchèse, la solidarité et l’attention aux malades, aux personnes endeuillées, isolées ou vivant dans une grande précarité.

Le service devra aussi se traduire par une véritable coresponsabilité entre prêtres, personnes consacrées et fidèles laïcs. L’Administrateur apostolique appelle à une culture du dialogue, de la concertation et de la confiance. Celle-ci passe également par une gestion saine, rigoureuse et transparente des ressources, avec une tenue régulière des comptes, la conservation des justificatifs et le respect de la destination des biens confiés à l’Église.

Trois orientations pour toute l’année

Pour donner une traduction concrète au thème retenu, l’année pastorale s’articulera autour de trois mouvements complémentaires : accueillir la grâce du Christ, grandir dans la communion et se mettre au service. Les paroisses, communautés religieuses, communautés ecclésiales vivantes de base et mouvements d’action catholique sont invités à intégrer ces orientations dans leurs programmes pastoraux en tenant compte de leurs réalités et de leurs moyens.

Accueillir la grâce du Christ conduira à renforcer la prière, la vie sacramentelle, l’écoute de la Parole de Dieu et la formation chrétienne. Grandir dans la communion appellera à favoriser le dialogue et les démarches de réconciliation. Enfin, se mettre au service conduira chaque communauté à identifier des actions concrètes et réalisables : visites des communautés éloignées, formation des catéchistes, accompagnement des jeunes, assistance aux familles en détresse ou soutien aux initiatives éducatives et sociales.

L’appel concerne ainsi toutes les composantes du diocèse : prêtres, personnes consacrées, séminaristes, novices, laïcs, familles, jeunes, personnes âgées, malades et personnes vivant avec un handicap, mais également les hommes et femmes de bonne volonté. Tous sont invités, selon leur vocation, leurs possibilités et leurs responsabilités, à contribuer au bien commun, à la paix et au développement des communautés.


En ouvrant officiellement cette nouvelle année pastorale, l’Abbé Cyrille Ikomba Mankelele Mambi a résumé l’espérance qui doit désormais porter le diocèse : « Les difficultés sont réelles ; la grâce de Dieu l’est aussi. » Il a invité toute la famille diocésaine à un engagement « plus généreux, plus uni et plus persévérant », afin que les paroisses, les communautés, les familles et les œuvres deviennent davantage des lieux où l’on accueille, où l’on relève et où l’on sert. 

                                                                                                                       Abbé Clovis Tsieto, Sercom

dimanche 23 août 2026

Diocèse de Popokabaka : les prêtres en retraite annuelle pour raviver leur vie spirituelle et leur disponibilité au service



Kinshasa, 23 août 2026 – Les prêtres du diocèse de Popokabaka se sont retrouvés du 18 au 23 août 2026 au Centre Theresianum de Kinshasa pour leur retraite spirituelle annuelle. Animée par l’abbé Paulin Sabuy, de l’Opus Dei, cette retraite avait pour thème : « Restez en tenue de service et gardez vos lampes allumées » (Lc 12,35).


Ce temps de prière, de silence, d’écoute de la Parole de Dieu et de ressourcement sacerdotal s’inscrit dans la volonté de l’Administrateur apostolique de Popokabaka de travailler avec ses confrères prêtres à l’épanouissement de leur vie spirituelle, à la consolidation de la fraternité sacerdotale et au renouvellement de leur disponibilité pastorale, pour le bien de tout le peuple de Dieu qui leur est confié.

 

Revenir à la source de la vocation

 

Le prédicateur de la retraite invitait les prêtres à revenir à l’expérience fondatrice de leur vocation : « Pour aller d’un pas assuré vers le but, il est important de se souvenir d’où nous venons, faire provision de l’expérience initiale que nous avons faite avec le Christ, celle qui fut à la base de notre premier élan. »


À l’exemple de Marie et de Joseph, mais aussi des Apôtres, chaque prêtre était ainsi invité à préserver et à approfondir sa proximité avec Jésus, particulièrement par la prière. Avant d’être une fonction ou un ensemble de responsabilités pastorales, le sacerdoce trouve en effet sa source dans une rencontre personnelle avec le Christ qui appelle, consacre et envoie.

Cette proximité avec le Seigneur permet au prêtre de demeurer une véritable « pierre vivante » dans l’Église et de rester à pied d’œuvre au service du Seigneur et de son peuple. Revenir au Christ, c’est donc retrouver continuellement la source à laquelle le ministère sacerdotal puise son sens, sa force et sa fécondité.

 

Prendre soin de la vie spirituelle du clergé

 

Cette retraite traduit l’attention particulière que l’Administrateur apostolique accorde à la vie humaine et spirituelle des prêtres. Sa volonté est de travailler avec ses confrères, dans un esprit de communion, de fraternité et de coresponsabilité, afin de construire un presbyterium toujours plus uni, spirituellement épanoui et disponible pour la mission.

Prendre soin de la vie spirituelle des prêtres n’est pas seulement prendre soin du clergé. C’est également prendre soin de l’ensemble du peuple de Dieu. La qualité du ministère pastoral dépend en effet largement de l’enracinement du prêtre dans le Christ, de sa fidélité à la prière, de son équilibre humain et spirituel ainsi que de la communion qu’il entretient avec ses confrères.

L’Administrateur apostolique entend ainsi favoriser un presbyterium dans lequel chaque prêtre puisse se sentir soutenu dans sa vocation, encouragé dans les exigences de son ministère et appelé à progresser continuellement dans sa configuration au Christ Bon Pasteur.

 

« Gardez vos lampes allumées »

 

Le thème choisi rappelle en même temps l’exigence de la vigilance spirituelle. Garder sa lampe allumée, c’est entretenir chaque jour la flamme de la relation avec le Christ afin que les difficultés, la fatigue et les multiples responsabilités du ministère ne finissent pas par affaiblir l’élan de la vocation.

La « tenue de service » évoquée par Jésus rappelle, quant à elle, que le ministère sacerdotal est fondamentalement un service. Le prêtre est envoyé vers un peuple pour annoncer la Parole de Dieu, célébrer les sacrements, accompagner les communautés, être proche de ceux qui souffrent et contribuer à la communion ecclésiale.

Le renouvellement spirituel recherché durant cette retraite est donc inséparable d’un renouvellement de la disponibilité pastorale. Plus le prêtre demeure proche du Christ, plus il peut se rendre proche du peuple qui lui est confié.

 

Pour le bien du peuple de Dieu à Popokabaka

 

À travers cette retraite, c’est ainsi tout le peuple de Dieu du diocèse de Popokabaka qui était présent dans la prière de ses pasteurs. Si les prêtres ont pris quelques jours de recul par rapport aux activités pastorales ordinaires, c’était pour revenir vers leurs communautés intérieurement renouvelés et davantage disponibles pour leur mission.

La volonté de l’Administrateur apostolique est précisément de faire de l’épanouissement humain, spirituel et fraternel du clergé l’un des fondements du renouveau pastoral du diocèse. Des prêtres enracinés dans le Christ, unis entre eux et heureux de leur vocation sont davantage en mesure d’accompagner les communautés chrétiennes et de répondre aux défis spirituels, pastoraux et sociaux auxquels le peuple est confronté.

Au terme de ces journées vécues au Centre Theresianum, les prêtres sont donc appelés à reprendre le chemin de leurs différents lieux de mission avec une conscience renouvelée de leur vocation et de leur responsabilité.

Cette retraite aura ainsi été un temps pour faire mémoire de l’appel reçu, revenir au Christ, raviver la fraternité sacerdotale et renouveler la disponibilité au service. Elle manifeste aussi une orientation pastorale essentielle : travailler ensemble à la croissance spirituelle du presbyterium afin de mieux servir le peuple de Dieu.

L’invitation du Christ demeure dès lors comme un programme pour la mission : « Restez en tenue de service et gardez vos lampes allumées » (Lc 12,35). Une lampe entretenue par la prière, une tenue de service portée dans l’humilité et la disponibilité, et un presbyterium appelé à marcher dans la communion, pour le bien du clergé et de tout le peuple de Dieu qui est à Popokabaka.

CIM

 

 

mercredi 22 juillet 2026

Biographie de l'abbé Cyrille Ikomba

CURRICULUM VITAE PERSONNEL  ET PROFESSIONNEL

(Abbé Cyrille IKOMBA MANKELELE MAMBI, Prêtre du diocèse de Popokabaka)




         I.                IDENTITE

 

NOM                                : IKOMBA

POSTNOM                      : MANKELELE  MAMBI

PRENOM                        : Cyrille

PERE                               : IKOMBA  Cyrille

MERE                              : KUKATUKA  Marie-Françine

NE                                    : Le 8 octobre 1969

LIEU                                : KABENGI

SEXE                               : MASCULIN

POSITION                       : 1er de 5 enfants, 3 garçons et 2 filles

SECTEUR                       : SWA-TENDA

TERRITOIRE                  : KASONGO - LUNDA

PROVINCE                     : KWANGO

NATIONNALITE            : CONGOLAISE

LANGUES PARLEES    : FRANÇAIS, LINGALA,  KIKONGO et KIYAKA

CONTACTS                    : Tél. +243 812222215 ; +243 850088866

                                         Courriel : ikombacyrille@gmail.com

                                         Site Web: http://ikomba.blogspot.com/

 II.             FORMATION SACERDOTALE

 -        Etudes de Philosophie au Grand séminaire Séminaire Interdiocésain Saint Augustin à   Kalonda/Bandundu  de 1989 à 1991

-        Etudes de théologie au Grand séminaire Saint Cyprien de Kikwit de 1992 à 1995

-        Jury de suppléance aux Facultés Catholiques de Kinshasa (1995)

-        Ordination diaconale le 21 Avril 1996 

-        Ordination presbytérale le 05 Juillet 1998 

 III.           ETUDES FAITES

 -        Licentiatus in Scientiis Religiosis à PONTIFICIA STUDIORUM UNIVERSITAS A S. THOMA AQ. IN URBE (Rome)

-        Diplôme d’Etudes Approfondies(DEA) en Sciences de l’Information et de la Communication à l’Institut Facultaire des Sciences de l’Information et de la Communication(IFASIC) /Kinshasa -Gombe

-        Agrégation de l’Enseignement Supérieur du Degré Secondaire en Communication Sociale à l’Université Catholique du Congo(UCC)

-        Licence en Sciences de l’Information et de la Communication, option Communication Sociale à l’Institut Facultaire des Sciences de l’Information et de la Communication(IFASIC) /Kinshasa

 IV.           SERVICE RENDU (PASTORALE)

 1)    Dans la formation des futurs prêtres

 -        Formateur et animateur spirituel au Grand séminaire provincial de théologie St Cyprien de Kikwit ( depuis 5ans) 

-        Professeur visiteur au Grand séminaire interdiocésain de philosophie St Augustin de Kalonda (depuis 5ans)

 2)    Dans la pastorale directe au diocèse

-        Administrateur Apostolique du diocèse de Popokabaka (Sede plena et ad nutum sanctae sedis (2 ans)

-        Administrateur Apostolique du diocèse de Popokabaka (Sede vacante et ad nutum sanctae sedis (Depuis le 28 janvier 2026)

-        Curé de  Paroisse (7 ans)

-        Vicaire itinérant de Paroisse (6ans)

-        Membre du Conseil Presbytéral (6 ans )

-        Président de la Commission diocésaine de Justice et paix (5ans)

-        Président de la Commission diocésaine de communication sociale (1 an)

-        Président de la Commission diocésaine de la Pastorale des enfants et des jeunes (1 an)

-        Ministre de la communauté des abbés à Kintambo/Kinshasa (1 an)

 3)    Dans l’enseignement secondaire

 -        Professeur des lycées (13 ans) 

-        Préfet-Chef d’Etablissement (3 ans)

 4)    Dans l’enseignement supérieur et universitaire

 -        Chef des Travaux à l’Université Catholique du Grand Bandundu (Campus de Kikwit, Kalonda et Idiofa) 

-        Assistant principal du recteur de l’Université Catholique du Grand Bandundu 

-        Visiteur à l’Université Protestante au Coeur du Congo de Mbuji Mayi

 5)    Dans la recherche scientifique

 -        Attaché de Recherche au Centre de Recherche en Sciences Sociales de Bandundu.

 V.        PUBLICATIONS

 a)     Ouvrage

 1)     La légitimité de l’engagement sociopolitique de l’Eglise catholique de la République Démocratique du Congo, Editions Jets d’Encre, France, 2023, 214p.

 b)    Articles scientifiques

 1)     La légitimité de l’engagement sociopolitique de l’Eglise catholique de la République Démocratique du Congo selon la doctrine sociale de l’Eglise in USAWA, Nouvelle série n° 44, 2020, Revue Interdisciplinaire publiée par l’Association des Moralistes Congolais (AMOCO), P. 464-491, Kinshasa, RD CONGO.

2)     De la gestion du temps au quotidien dans la ville de Kikwit  in USAWA, Nouvelle série n° 44, 2020, Revue Interdisciplinaire publiée par l’Association des Moralistes Congolais (AMOCO), P. 427-440, Kinshasa, RD CONGO. 

3)      «De la philosophie africaine : origine et définition contemporaine», Telos [En ligne], Derniers numéros, Telos 6 / 2019 La philosophie africaine, mis à jour le : 02/07/2019, URL : https://journal.domuni.eu:443/telos/index.php?id=607. Bruxelles, BELGIQUE.

4)     Patrice Emery LUMUMBA et sa conception du pouvoir face au ‘real politique’ dans le contexte de la Guerre froide, in USAWA, Nouvelle série n° 42, 2019, Revue Interdisciplinaire publiée par l’Association des Moralistes Congolais (AMOCO), p511-522, Kinshasa, RDCONGO. 

5)     Le rôle du ‘Nganzi’ dans la communication chez les Yaka du Kwango, in USAWA, Nouvelle série n° 42, 2019, Revue Interdisciplinaire publiée par l’Association des Moralistes Congolais (AMOCO), P. 543 -552, Kinshasa, RD CONGO. 

6)     La pastorale de la santé au Kwango-Popokabaka, in Sous la direction de Anicet N’teba et alii, « Allez dans le monde entier…. », centenaire de l’évangélisation catholique du Kwango-Diocèse de Popokabaka (1915-2015), Loyola, Kinshasa, 2015, p261-278, Kinshasa, RD CONGO. 

7)     L’évangélisation au Kwango-Popokabaka par les médias, in Sous la direction de Anicet N’teba, s.j. et alii, « Allez dans le monde entier…. », Centenaire de l’évangélisation catholique du Kwango-Diocèse de Popokabaka (1915-2015), Loyola, Kinshasa, 2015, p279-290, Kinshasa, RD CONGO.

 Je jure que les renseignements fournis ci-haut sont sincères, vérifiables et exacts.

Fait à Kinshasa, le 06 juillet 2026

Abbé IKOMBA  MANKELELE MAMBI Cyrille

 

Tél. : +243 812 222 215 

Courriel : ikombacyrille@gmail.com

mardi 21 juillet 2026

Exhortation à l'occasion de la levée du corps de Madame Marie-Ange Mankasi Mwadi

 Exhortation à l'occasion de la levée du corps de Madame Marie-Ange Mankasi Mwadi

(Avant son acheminement vers Kenge pour son inhumation)

 

« Jésus dit à Marthe : "Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais." »

 


Monsieur le Bâtonnier National honoraire Tharcisse Matadi Wamba,

Honorables députés et sénateurs,

Excellences mesdames et messieurs les ministres,

Chers enfants et petits-enfants,

Honorables membres des familles Mankasi et Matadi Wamba,

Mesdames et Messieurs venus pour consoler la famille éprouvée tout protocole respecté,

Frères et Sœurs dans le Christ,

 

1. En ce moment où nous nous préparons à accompagner la dépouille mortelle de notre sœur Marie-Ange Mankasi Mwadi vers sa terre natale de Kenge, nos cœurs sont partagés entre la douleur de la séparation et la consolation que nous apporte notre foi chrétienne.

Pour beaucoup, cette cérémonie marque un départ. Pour nous qui croyons au Christ ressuscité, elle marque surtout un passage.

2. L'Église ne célèbre jamais la mort comme une défaite. Elle la contemple à la lumière de Pâques. Depuis que le Christ est sorti vivant du tombeau, la mort n'est plus une porte fermée ; elle est devenue le seuil de la Vie.

Voilà pourquoi nous avons entendu Jésus proclamer : « Je suis la résurrection et la vie. »

Il est remarquable que Jésus prononce ces paroles devant un tombeau, celui de son ami Lazare. Il ne parle pas de la mort comme un philosophe, mais comme le Seigneur de la vie. Il ne supprime pas les larmes : lui-même a pleuré devant la souffrance de Marthe et de Marie. Mais il transforme les larmes en espérance.

3. Cette espérance prolonge la magnifique intuition du Livre de la Sagesse : « Les âmes des justes sont dans la main de Dieu. » Quel réconfort pour nous aujourd'hui ! Nous remettons le corps de notre sœur à la terre de ses ancêtres, mais son âme est remise entre les mains de Dieu, ces mains qui ne laissent jamais tomber ceux qui ont mis leur confiance en Lui.

Saint Augustin écrivait : « Pour ceux qui aiment Dieu, la mort n'est pas une extinction, mais un passage vers la maison du Père. » C'est cette certitude qui rassemble aujourd'hui notre prière.

4. En écoutant l'oraison funèbre, nous avons découvert non seulement le parcours d'une femme, mais surtout le témoignage d'une vie profondément accomplie.

Née à Mukila, dans cette partie du Kwango qui appartient aujourd'hui au diocèse de Popokabaka, elle a grandi dans une famille nombreuse où elle apprit très tôt le sens de la responsabilité. Les circonstances de la vie auraient pu l'endurcir ; elles ont, au contraire, développé en elle une exceptionnelle capacité d'aimer, de servir et de prendre soin des autres.

Sa formation reçue notamment à la mission catholique de Pelende n'est certainement pas étrangère à cette personnalité faite de discipline, de foi et de sens du devoir. Les missionnaires savaient que l'éducation ne consiste pas seulement à instruire l'intelligence ; elle consiste aussi à former le cœur. Madame Marie-Ange en fut un beau fruit.

5. Dans sa vie professionnelle, elle manifesta une compétence reconnue de tous. Mais ce qui frappe davantage encore, c'est qu'elle ne rechercha jamais la gloire personnelle. Notre époque admire volontiers ceux qui occupent le devant de la scène ; l'Évangile, lui, admire ceux qui servent dans le silence. Elle appartenait à cette catégorie de personnes dont la présence rassure, apaise et construit.

6. Elle fut aussi une épouse remarquable. Pendant cinquante-six années, elle marcha aux côtés de son époux, le bâtonnier national honoraire  Matadi Wamba. Derrière une carrière universitaire et un engagement public aussi importants, il y avait une épouse qui soutenait, encourageait et accompagnait avec discrétion. Comme tant de femmes de l'Évangile, elle a compris que la grandeur ne consiste pas à être servie, mais à servir. Son mariage apparaît aujourd'hui comme un témoignage lumineux de fidélité, dans une époque où tant d'unions sont fragilisées.

7. Elle fut également une mère dont l'autorité se fondait davantage sur l'exemple que sur les discours. Ses enfants ont reçu d'elle le goût du travail bien fait, le respect d'autrui, l'attachement à leur langue maternelle, l'amour de leurs racines et le sens du partage. Ce sont là des richesses qui ne s'inscrivent dans aucun testament, mais qui constituent le plus bel héritage qu'une mère puisse laisser à ses enfants.

8. J'ai été particulièrement touché par un détail évoqué dans cette oraison : quelques mois avant sa maladie, elle avait encore posé un geste de générosité en faveur de la mission de Mukila et d'autres œuvres de sa terre natale. Voilà une femme qui n'avait jamais oublié d'où elle venait. Elle avait compris qu'on ne grandit véritablement qu'en restant fidèle à ses racines.

Cher bâtonnier national honoraire Matadi Wamba,

9. Permettez-moi de vous adresser une parole particulière. L'Église connaît votre engagement au service de la science, de l'université et de notre nation. Aujourd'hui cependant, ce n'est pas le professeur que nous regardons ; c'est l'époux éprouvé. Après cinquante-six années de vie commune, aucune parole humaine ne peut combler le vide qui s'ouvre devant vous. Mais il existe une présence que la mort ne peut détruire : celle de l'amour vécu en Dieu. Lorsque deux époux ont bâti leur vie dans la fidélité, leur communion ne s'interrompt pas ; elle est transfigurée par l'espérance chrétienne. Continuez donc à la porter dans votre prière jusqu'au jour où Dieu vous réunira dans son Royaume.

10. À vous, chers enfants, je voudrais rappeler une conviction africaine profondément chrétienne : les parents continuent de vivre à travers les valeurs qu'ils transmettent. Votre mère ne vous demande pas seulement des larmes ; elle vous demande surtout de prolonger son œuvre. Chaque fois que vous choisirez l'honnêteté plutôt que la facilité, le pardon plutôt que la vengeance, le partage plutôt que l'égoïsme, elle continuera de vivre dans vos familles.

11. Enfin, je voudrais m'adresser à notre peuple du Kwango et à toute l'Église de Popokabaka.

Aujourd'hui, une fille de cette terre revient auprès des siens. Ce retour est profondément symbolique. Il nous rappelle que nous sommes tous des pèlerins. Nous quittons un jour la maison familiale pour construire notre existence ; puis vient le temps où nous retournons vers la terre de nos ancêtres. Mais, pour le chrétien, cette terre n'est qu'une étape. Notre véritable patrie est auprès de Dieu. Comme l'écrivait saint Paul : « Notre cité se trouve dans les cieux » (Ph 3, 20).

12. Dans quelques instants, le cortège prendra la route de Kenge. Nous accompagnerons un corps. Mais nous savons que celle que nous avons connue, aimée et admirée est désormais appelée à entreprendre un autre voyage, celui vers la maison du Père.

Prions pour que le Seigneur lui ouvre les portes de son Royaume, là où il n'y a plus ni maladie, ni séparation, ni larmes, mais seulement la joie des saints. Et que son souvenir demeure vivant parmi nous, non comme une nostalgie, mais comme une invitation à vivre, nous aussi, une existence remplie d'amour, de fidélité, de service et de foi.

13. Madame Marie-Ange Mankasi Mwadi,

Vous quittez aujourd'hui Kinshasa pour retrouver la terre de votre enfance. Mais nous croyons qu'au-delà de cette terre du Kwango que vous avez tant aimée, une autre Terre vous attend : celle que le Christ ressuscité a préparée pour tous ceux qui l'ont aimé.

Qu'il vous accueille avec ces paroles que tout chrétien espère entendre un jour : « C'est bien, servante bonne et fidèle ; entre dans la joie de ton Seigneur » (Mt 25, 23).

Que Notre-Dame de la Paix, si vénérée dans nos communautés du Kwango, vous accompagne jusqu'à son Fils. Et que le Seigneur vous donne le repos éternel, tandis que brille sur vous la lumière sans déclin. Amen.

Donnée à Kinshasa en l’Esplanade de l’hôpital du Cinquantenaire, le vingt unième jour du mois de juillet dans l'année du Seigneur deux mille vingt-six.

Abbé Cyrille IKOMBA MANKELELE MAMBI

Administrateur Apostolique du diocèse de Popokabaka