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DIOCESE DE POPOKABAKA R.D.
CONGO BP
7245 KINSHASA I L’Administrateur Apostolique |
HOMÉLIE POUR L’OUVERTURE DE L’ANNÉE PASTORALE 2026-2027
24ᵉ dimanche du Temps ordinaire A (Si 27, 30 – 28, 7 ; Rm 14, 7-9 ; Mt
18, 21-35)
Chers confrères dans le
sacerdoce,
Chers religieux et
religieuses,
Chers frères et sœurs
de la paroisse cathédrale Sainte-Famille et de la paroisse Saint-Sauveur,
Bien-aimés dans le
Seigneur,
1. En ce vingt-quatrième dimanche du
Temps ordinaire, la Providence nous rassemble dans cette cathédrale pour ouvrir
ensemble l’année pastorale 2026-2027. Une année pastorale nouvelle n’est pas
seulement un changement de calendrier. Elle est un temps de grâce que Dieu nous
offre pour regarder notre vie chrétienne, renouveler notre communion et
repartir ensemble dans la mission.
La Parole de Dieu nous indique
aujourd’hui une condition essentielle de ce nouveau départ : nous ne
pouvons pas prétendre servir Dieu si nous refusons de nous réconcilier avec nos
frères et nos sœurs.
2. Ben Sirac nous avertit : « Rancune et
colère, voilà des choses abominables. » Aussi, il ajoute : « Pardonne à ton prochain le tort
qu’il t’a fait. » Cette Parole nous rejoint dans nos familles, nos paroisses,
nos communautés religieuses, nos mouvements et nos relations quotidiennes. Nous
pouvons prier, participer aux célébrations et exercer des responsabilités dans
l’Église ; mais si nous entretenons volontairement les rancunes, les rivalités
et les divisions, notre témoignage chrétien perd sa force.
Pardonner ne signifie pas dire que le
mal est bien, ni renoncer à la vérité et à la justice. Pardonner signifie
refuser que le mal reçu produise en nous un nouveau mal. C’est décider que la
blessure ne deviendra pas une demeure permanente de la haine dans notre cœur.
3. Saint Paul, dans la deuxième lecture
d’aujourd’hui nous donne ensuite une parole qui peut éclairer toute notre année
pastorale : « Aucun d’entre nous
ne vit pour soi-même. »
Le prêtre ne vit pas son ministère pour
lui-même. Le religieux ou la religieuse ne vit pas sa consécration pour
soi-même. Le catéchiste et le responsable pastoral ne reçoivent pas leur
mission pour eux-mêmes. Le chrétien ne reçoit pas ses talents, ses compétences
et ses biens uniquement pour lui-même. Nous appartenons au Seigneur et, dans le Seigneur, nous appartenons les
uns aux autres.
4. Cette vérité prend aujourd’hui une
signification particulière. Les fidèles de la paroisse cathédrale
Sainte-Famille et ceux de la paroisse Saint-Sauveur sont réunis autour du même
autel. Nous ne sommes pas deux Églises ni deux peuples de Dieu. Nous sommes une seule famille diocésaine,
rassemblée par le même Christ, nourrie du même Pain et appelée à la même
mission.
5. L’Évangile va plus loin. Pierre
demande à Jésus : « Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre
moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? » Jésus répond
: « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept
fois. »
Par la parabole du serviteur
impitoyable, Jésus nous montre un homme qui reçoit une immense miséricorde mais
refuse ensuite de faire miséricorde à son frère. Voilà son drame : il a reçu le pardon sans laisser le pardon
transformer son cœur.
6. Frères et sœurs, au seuil de cette
année pastorale, interrogeons-nous : existe-t-il dans nos familles des
personnes qui ne se parlent plus ? Dans nos communautés, des rancunes anciennes
? Entre responsables, des rivalités qui paralysent la mission ? Entre prêtres,
consacrés et fidèles, des blessures que nous refusons d’affronter dans la
vérité et la charité ?
7. Nous ne pouvons pas commencer
véritablement une année nouvelle en transportant indéfiniment les vieux
conflits. Une année pastorale nouvelle exige aussi des cœurs
renouvelés. Il faut parfois avoir le courage de recommencer, de se
parler directement, de reconnaître ses torts, de demander pardon et d’accorder
le pardon.
8. C’est ici que la Parole de ce
dimanche rejoint admirablement le thème que j’ai choisi pour notre année pastorale
: « Elle se leva et elle les servait » (Lc 4,39).
Avant de servir, cette femme a été
relevée par Jésus. Le Christ s’approche d’abord de notre fragilité. Il nous
relève et restaure en nous ce que la fatigue, les blessures et le péché ont
affaibli. Mais une fois relevée, la femme ne garde pas pour elle la grâce reçue
: elle se met à servir.
9. Le serviteur de l’Évangile
d’aujourd’hui avait lui aussi reçu une grâce immense : sa dette avait été
remise. Mais il n’a pas transformé la grâce reçue en grâce donnée.
Voilà donc une question que chacun peut
porter durant cette année : Qu’ai-je
reçu du Seigneur et qu’est-ce que j’en fais pour les autres ?
J’ai reçu le pardon : est-ce que je
pardonne ? J’ai reçu des compétences : est-ce que je les mets au service de la
communauté ? J’ai reçu une responsabilité : est-ce que je l’exerce comme un
service ou comme un pouvoir ? J’ai reçu la foi : est-ce que je la transmets ?
J’ai été relevé par le Christ : suis-je
prêt à me lever pour servir ?
10. Chers frères et sœurs, notre diocèse
a besoin de chacun. Nous n’avons pas tous les mêmes moyens ni les mêmes
responsabilités, mais chacun peut offrir quelque chose : une prière, du temps,
une compétence, une présence auprès d’un malade, une aide à une famille
éprouvée, une contribution à la communauté ou simplement une parole qui
réconcilie.
Que la paroisse cathédrale
Sainte-Famille soit toujours davantage une famille où l’on accueille, où l’on
pardonne et où l’on sert. Que la paroisse Saint-Sauveur soit toujours davantage
un lieu où le Christ Sauveur relève les personnes et les envoie servir. Et que
notre rassemblement d’aujourd’hui manifeste notre volonté de marcher ensemble
comme une seule Église diocésaine.
11. À la fin de cette Eucharistie, ma
Lettre pastorale pour l’ouverture de l’année 2026-2027 vous sera lue.
Je vous invite à l’accueillir non comme un simple document, mais comme une
orientation pour notre marche commune. Elle nous propose trois mouvements
complémentaires : accueillir la
grâce du Christ, grandir dans la communion et se mettre au service. Que la Parole entendue aujourd’hui
prépare donc nos cœurs à cet appel. Puisque le Seigneur nous pardonne,
pardonnons ; puisqu’il nous rassemble, réconcilions-nous ; puisqu’il nous
relève, levons-nous et servons
ensemble notre diocèse par la grâce du Christ.
Que la Vierge Marie, Servante du
Seigneur, accompagne notre marche et nous apprenne à transformer en service la
grâce que nous recevons.
Bonne et fructueuse année
pastorale 2026-2027 à toutes et à tous ! Amen.
Donnée
en la Cathédrale Sainte famille à Popokabaka, le treizième jour du mois de
septembre de l’année du Seigneur deux mille vingt-six.
Abbé Cyrille IKOMBA MANKELELE MAMBI
Administrateur Apostolique du diocèse de Popokabaka
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