dimanche 13 septembre 2026

HOMÉLIE POUR L’OUVERTURE DE L’ANNÉE PASTORALE 2026-2027

DIOCESE DE POPOKABAKA

R.D. CONGO

BP 7245 KINSHASA I

L’Administrateur Apostolique

 

HOMÉLIE POUR L’OUVERTURE DE L’ANNÉE PASTORALE 2026-2027

24ᵉ dimanche du Temps ordinaire A (Si 27, 30 – 28, 7 ; Rm 14, 7-9 ; Mt 18, 21-35)

 

Chers confrères dans le sacerdoce,

Chers religieux et religieuses,

Chers frères et sœurs de la paroisse cathédrale Sainte-Famille et de la paroisse Saint-Sauveur,

Bien-aimés dans le Seigneur,

1. En ce vingt-quatrième dimanche du Temps ordinaire, la Providence nous rassemble dans cette cathédrale pour ouvrir ensemble l’année pastorale 2026-2027. Une année pastorale nouvelle n’est pas seulement un changement de calendrier. Elle est un temps de grâce que Dieu nous offre pour regarder notre vie chrétienne, renouveler notre communion et repartir ensemble dans la mission.

La Parole de Dieu nous indique aujourd’hui une condition essentielle de ce nouveau départ : nous ne pouvons pas prétendre servir Dieu si nous refusons de nous réconcilier avec nos frères et nos sœurs.

2. Ben Sirac nous avertit : « Rancune et colère, voilà des choses abominables. » Aussi,  il ajoute : « Pardonne à ton prochain le tort qu’il t’a fait. » Cette Parole nous rejoint dans nos familles, nos paroisses, nos communautés religieuses, nos mouvements et nos relations quotidiennes. Nous pouvons prier, participer aux célébrations et exercer des responsabilités dans l’Église ; mais si nous entretenons volontairement les rancunes, les rivalités et les divisions, notre témoignage chrétien perd sa force.

Pardonner ne signifie pas dire que le mal est bien, ni renoncer à la vérité et à la justice. Pardonner signifie refuser que le mal reçu produise en nous un nouveau mal. C’est décider que la blessure ne deviendra pas une demeure permanente de la haine dans notre cœur.

3. Saint Paul, dans la deuxième lecture d’aujourd’hui nous donne ensuite une parole qui peut éclairer toute notre année pastorale : « Aucun d’entre nous ne vit pour soi-même. »

Le prêtre ne vit pas son ministère pour lui-même. Le religieux ou la religieuse ne vit pas sa consécration pour soi-même. Le catéchiste et le responsable pastoral ne reçoivent pas leur mission pour eux-mêmes. Le chrétien ne reçoit pas ses talents, ses compétences et ses biens uniquement pour lui-même. Nous appartenons au Seigneur et, dans le Seigneur, nous appartenons les uns aux autres.

4. Cette vérité prend aujourd’hui une signification particulière. Les fidèles de la paroisse cathédrale Sainte-Famille et ceux de la paroisse Saint-Sauveur sont réunis autour du même autel. Nous ne sommes pas deux Églises ni deux peuples de Dieu. Nous sommes une seule famille diocésaine, rassemblée par le même Christ, nourrie du même Pain et appelée à la même mission.

5. L’Évangile va plus loin. Pierre demande à Jésus : « Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? » Jésus répond : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois. »

Par la parabole du serviteur impitoyable, Jésus nous montre un homme qui reçoit une immense miséricorde mais refuse ensuite de faire miséricorde à son frère. Voilà son drame : il a reçu le pardon sans laisser le pardon transformer son cœur.

6. Frères et sœurs, au seuil de cette année pastorale, interrogeons-nous : existe-t-il dans nos familles des personnes qui ne se parlent plus ? Dans nos communautés, des rancunes anciennes ? Entre responsables, des rivalités qui paralysent la mission ? Entre prêtres, consacrés et fidèles, des blessures que nous refusons d’affronter dans la vérité et la charité ?

7. Nous ne pouvons pas commencer véritablement une année nouvelle en transportant indéfiniment les vieux conflits. Une année pastorale nouvelle exige aussi des cœurs renouvelés. Il faut parfois avoir le courage de recommencer, de se parler directement, de reconnaître ses torts, de demander pardon et d’accorder le pardon.

8. C’est ici que la Parole de ce dimanche rejoint admirablement le thème que j’ai choisi pour notre année pastorale : « Elle se leva et elle les servait » (Lc 4,39).

Avant de servir, cette femme a été relevée par Jésus. Le Christ s’approche d’abord de notre fragilité. Il nous relève et restaure en nous ce que la fatigue, les blessures et le péché ont affaibli. Mais une fois relevée, la femme ne garde pas pour elle la grâce reçue : elle se met à servir.

9. Le serviteur de l’Évangile d’aujourd’hui avait lui aussi reçu une grâce immense : sa dette avait été remise. Mais il n’a pas transformé la grâce reçue en grâce donnée.

Voilà donc une question que chacun peut porter durant cette année : Qu’ai-je reçu du Seigneur et qu’est-ce que j’en fais pour les autres ?

J’ai reçu le pardon : est-ce que je pardonne ? J’ai reçu des compétences : est-ce que je les mets au service de la communauté ? J’ai reçu une responsabilité : est-ce que je l’exerce comme un service ou comme un pouvoir ? J’ai reçu la foi : est-ce que je la transmets ? J’ai été relevé par le Christ : suis-je prêt à me lever pour servir ?

10. Chers frères et sœurs, notre diocèse a besoin de chacun. Nous n’avons pas tous les mêmes moyens ni les mêmes responsabilités, mais chacun peut offrir quelque chose : une prière, du temps, une compétence, une présence auprès d’un malade, une aide à une famille éprouvée, une contribution à la communauté ou simplement une parole qui réconcilie.

Que la paroisse cathédrale Sainte-Famille soit toujours davantage une famille où l’on accueille, où l’on pardonne et où l’on sert. Que la paroisse Saint-Sauveur soit toujours davantage un lieu où le Christ Sauveur relève les personnes et les envoie servir. Et que notre rassemblement d’aujourd’hui manifeste notre volonté de marcher ensemble comme une seule Église diocésaine.

11. À la fin de cette Eucharistie, ma Lettre pastorale pour l’ouverture de l’année 2026-2027 vous sera lue. Je vous invite à l’accueillir non comme un simple document, mais comme une orientation pour notre marche commune. Elle nous propose trois mouvements complémentaires : accueillir la grâce du Christ, grandir dans la communion et se mettre au service. Que la Parole entendue aujourd’hui prépare donc nos cœurs à cet appel. Puisque le Seigneur nous pardonne, pardonnons ; puisqu’il nous rassemble, réconcilions-nous ; puisqu’il nous relève, levons-nous et servons ensemble notre diocèse par la grâce du Christ.

Que la Vierge Marie, Servante du Seigneur, accompagne notre marche et nous apprenne à transformer en service la grâce que nous recevons.

Bonne et fructueuse année pastorale 2026-2027 à toutes et à tous ! Amen.

 

Donnée en la Cathédrale Sainte famille à Popokabaka, le treizième jour du mois de septembre de l’année du Seigneur deux mille vingt-six.

Abbé Cyrille IKOMBA MANKELELE MAMBI
Administrateur Apostolique du diocèse de Popokabaka

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