mercredi 30 septembre 2026

Popokabaka : l’abbé Antoine Fungadiso Mwimba inhumé dans l’espérance de la résurrection

L'Administrateur apostolique entouré des prêtres et diacres pendant les absoutes 

 Le diocèse de Popokabaka a accompagné à sa dernière demeure l’abbé Antoine Fungadiso Mwimba, ce mardi 29 septembre 2026, après la messe des funérailles célébrée en la cathédrale Sainte-Famille par l’abbé Cyrille Ikomba Mankelele Mambi, Administrateur apostolique du diocèse. Décédé en Belgique le 14 septembre, le prêtre laisse le souvenir de trente-trois années de ministère au service de l’Église, en République démocratique du Congo et en Belgique.

La famille du défunt, les prêtres, les personnes consacrées, les fidèles et les autorités ont entouré l’abbé Antoine dans un même mouvement de prière et de reconnaissance. Cette célébration marquait l’aboutissement d’un parcours d’hommages et de recueillement : une messe à Souvret, en Belgique, le 23 septembre, une autre à Kinshasa le 27 septembre, puis l’accueil de sa dépouille et la célébration de la veille des funérailles à Popokabaka, le 28 septembre.

« Il vit et il crut » : une devise devenue message d’espérance

L'Administrateur apostolique pendant l'homélie
Dans son homélie, l’Administrateur apostolique a placé la célébration sous le signe de la devise sacerdotale du défunt : « Il vit et il crut », tirée de l’Évangile selon saint Jean. En évoquant le disciple devant le tombeau du Christ au matin de Pâques, il a invité l’assemblée à vivre la séparation dans la foi en la résurrection, sans nier la douleur du deuil.

« Notre foi ne nous oblige pas à nier ce que nous ressentons », a-t-il souligné, rappelant que Jésus, mort et ressuscité, demeure le soutien des croyants au cœur de l’épreuve.

La célébration coïncidait avec la fête des saints archanges Michel, Gabriel et Raphaël. L’abbé Cyrille Ikomba a accueilli cette date comme une consolation pour la communauté diocésaine, invitée à demander que les anges accompagnent le défunt auprès du Seigneur.

Trente-trois années au service de l’Évangile

Originaire de Panzi, l’abbé Antoine Fungadiso Mwimba avait été ordonné prêtre à Popokabaka le 23 mai 1993. Son ministère l’avait conduit notamment à Kambangu, Panzi, Kasinsi et Kasongo-Lunda, puis dans le diocèse de Tournai, en Belgique, où il avait servi à Courcelles.

Depuis 2018, il affrontait la maladie. Les homélies ont rappelé son courage, sa foi et son attachement à son diocèse d’origine comme à ses confrères.

Lors du weekend passé ensemble avec l'abbé Ledon 
L’Administrateur apostolique a également partagé un souvenir personnel : leur rencontre du 15 au 16 mars 2025, lors d’un week-end passé auprès du défunt. Ancien vicaire de l’abbé Antoine à Kasinsi, il a évoqué la profondeur de leurs échanges, nourris de souvenirs de mission et de fraternité sacerdotale. Conscient de la gravité de son état, l’abbé Antoine avait abordé avec courage et confiance la question de ses funérailles. Cette rencontre demeure, pour l’abbé Cyrille, un au revoir et un testament spirituel anticipé.

Une reconnaissance de la Belgique à Popokabaka

Au terme de la messe, l’Administrateur apostolique a remercié tous ceux qui avaient accompagné le prêtre pendant sa maladie et contribué au rapatriement de sa dépouille. Sa gratitude a rejoint l’Église de Tournai, les communautés belges, les soignants, les confrères, les proches, l’Ambassade de la RDC en Belgique ainsi que les services funéraires et de transport.

Il a également salué l’accueil organisé à Kinshasa, le concours du funérarium de l’Hôpital Saint-Joseph et la mobilisation des communautés de Popokabaka. Une reconnaissance particulière a été adressée aux Sœurs de Marie, notamment à sœur Leveken et à ses consœurs, pour leur contribution au transport de la dépouille jusqu’au diocèse.

Ces funérailles ont enfin porté un appel à prolonger la fraternité au-delà du deuil : accompagner la famille et prendre davantage soin des prêtres malades, âgés ou isolés.

Après l’Eucharistie, l’abbé Antoine Fungadiso Mwimba a été mis en terre, dans la prière de l’Église et l’attente de la résurrection.

CIM

lundi 14 septembre 2026

Diocèse de Popokabaka : l’année pastorale 2026-2027 placée sous le signe du service et de la communion

 


Le diocèse de Popokabaka a officiellement ouvert son année pastorale 2026-2027, dimanche 13 septembre 2026, au cours d’une célébration eucharistique présidée en la cathédrale Sainte-Famille par l’Abbé Cyrille Ikomba Mankelele Mambi, Administrateur apostolique du diocèse. La célébration a notamment réuni les fidèles de la paroisse cathédrale Sainte-Famille et ceux de la paroisse Saint-Sauveur, autour de leurs prêtres, des personnes consacrées et des différents acteurs de la vie pastorale diocésaine.

Elle se leva et elle les servait (Lc 4, 39)

L’année pastorale 2026-2027 est placée sous le thème : « Elle se leva et elle les servait » (Lc 4, 39), avec comme orientation : « Au service de notre diocèse par la grâce du Christ ».


À travers cette parole tirée du récit de la guérison de la belle-mère de Simon, l’Administrateur apostolique invite toute la famille diocésaine à accueillir d’abord l’action du Christ qui relève, guérit et renouvelle, afin de transformer ensuite la grâce reçue en disponibilité et en service des autres.

Dans sa lettre pastorale adressée aux prêtres, religieux et religieuses, séminaristes, fidèles laïcs ainsi qu’aux hommes et femmes de bonne volonté, l’Administrateur apostolique rappelle que le Christ rejoint chacun dans ses fragilités et restaure la capacité de se donner. Ainsi, le service chrétien ne repose pas seulement sur les forces humaines : il jaillit de la rencontre avec le Christ et de la grâce reçue de lui. Chaque baptisé est donc invité à se demander : qu’ai-je reçu du Seigneur et comment puis-je le mettre au service des autres ?

Une Église diocésaine appelée à marcher dans l’unité


Dans son homélie, s’appuyant sur les lectures du 24ᵉ dimanche du Temps ordinaire (Si 27,30–28,7 ; Rm 14,7-9 et Mt 18,21-35), l’Abbé Cyrille Ikomba a particulièrement insisté sur le pardon, la réconciliation et la communion comme conditions d’un véritable renouveau pastoral. Il a rappelé la parole de saint Paul : « Aucun d’entre nous ne vit pour soi-même », soulignant que les ministères, les charismes, les compétences et les biens reçus trouvent leur fécondité lorsqu’ils sont mis au service de la communauté.

La présence autour du même autel des communautés de la cathédrale Sainte-Famille et de Saint-Sauveur a été présentée comme un signe de cette communion : « Nous ne sommes pas deux Églises ni deux peuples de Dieu. Nous sommes une seule famille diocésaine, rassemblée par le même Christ, nourrie du même Pain et appelée à la même mission », a souligné l’Administrateur apostolique.

Cette communion doit également devenir concrète dans les relations quotidiennes. Le diocèse est ainsi appelé à dépasser les rancunes, les rivalités et les divisions qui affaiblissent la mission. L’ouverture d’une nouvelle année pastorale doit aussi signifier l’ouverture d’un chemin de réconciliation : savoir se parler, reconnaître ses torts, demander pardon et accorder le pardon.

Servir au cœur des réalités concrètes de Popokabaka

L’orientation pastorale tient également compte des conditions concrètes dans lesquelles l’Église de Popokabaka accomplit sa mission.


L’Administrateur apostolique évoque notamment la précarité des conditions de vie de plusieurs prêtres, l’insuffisance des moyens de travail et de transport, les difficultés rencontrées par les populations ainsi que la détérioration des voies de communication dans ce diocèse essentiellement rural et enclavé. Ces difficultés, loin de conduire au découragement, doivent susciter davantage de solidarité, de créativité pastorale et de coresponsabilité.

Une attention particulière sera ainsi accordée à la proximité missionnaire. La revitalisation des communautés ecclésiales vivantes de base (CEVB) figure parmi les priorités de l’année. Dans les endroits où les distances rendent plus difficile la présence régulière des prêtres, ces communautés sont appelées à soutenir la prière, la catéchèse, la solidarité et l’attention aux malades, aux personnes endeuillées, isolées ou vivant dans une grande précarité.

Le service devra aussi se traduire par une véritable coresponsabilité entre prêtres, personnes consacrées et fidèles laïcs. L’Administrateur apostolique appelle à une culture du dialogue, de la concertation et de la confiance. Celle-ci passe également par une gestion saine, rigoureuse et transparente des ressources, avec une tenue régulière des comptes, la conservation des justificatifs et le respect de la destination des biens confiés à l’Église.

Trois orientations pour toute l’année

Pour donner une traduction concrète au thème retenu, l’année pastorale s’articulera autour de trois mouvements complémentaires : accueillir la grâce du Christ, grandir dans la communion et se mettre au service. Les paroisses, communautés religieuses, communautés ecclésiales vivantes de base et mouvements d’action catholique sont invités à intégrer ces orientations dans leurs programmes pastoraux en tenant compte de leurs réalités et de leurs moyens.

Accueillir la grâce du Christ conduira à renforcer la prière, la vie sacramentelle, l’écoute de la Parole de Dieu et la formation chrétienne. Grandir dans la communion appellera à favoriser le dialogue et les démarches de réconciliation. Enfin, se mettre au service conduira chaque communauté à identifier des actions concrètes et réalisables : visites des communautés éloignées, formation des catéchistes, accompagnement des jeunes, assistance aux familles en détresse ou soutien aux initiatives éducatives et sociales.

L’appel concerne ainsi toutes les composantes du diocèse : prêtres, personnes consacrées, séminaristes, novices, laïcs, familles, jeunes, personnes âgées, malades et personnes vivant avec un handicap, mais également les hommes et femmes de bonne volonté. Tous sont invités, selon leur vocation, leurs possibilités et leurs responsabilités, à contribuer au bien commun, à la paix et au développement des communautés.


En ouvrant officiellement cette nouvelle année pastorale, l’Abbé Cyrille Ikomba Mankelele Mambi a résumé l’espérance qui doit désormais porter le diocèse : « Les difficultés sont réelles ; la grâce de Dieu l’est aussi. » Il a invité toute la famille diocésaine à un engagement « plus généreux, plus uni et plus persévérant », afin que les paroisses, les communautés, les familles et les œuvres deviennent davantage des lieux où l’on accueille, où l’on relève et où l’on sert. 

                                                                                                                       Abbé Clovis Tsieto, Sercom

dimanche 13 septembre 2026

HOMÉLIE POUR L’OUVERTURE DE L’ANNÉE PASTORALE 2026-2027

DIOCESE DE POPOKABAKA

R.D. CONGO

BP 7245 KINSHASA I

L’Administrateur Apostolique

 

HOMÉLIE POUR L’OUVERTURE DE L’ANNÉE PASTORALE 2026-2027

24ᵉ dimanche du Temps ordinaire A (Si 27, 30 – 28, 7 ; Rm 14, 7-9 ; Mt 18, 21-35)

 

Chers confrères dans le sacerdoce,

Chers religieux et religieuses,

Chers frères et sœurs de la paroisse cathédrale Sainte-Famille et de la paroisse Saint-Sauveur,

Bien-aimés dans le Seigneur,

1. En ce vingt-quatrième dimanche du Temps ordinaire, la Providence nous rassemble dans cette cathédrale pour ouvrir ensemble l’année pastorale 2026-2027. Une année pastorale nouvelle n’est pas seulement un changement de calendrier. Elle est un temps de grâce que Dieu nous offre pour regarder notre vie chrétienne, renouveler notre communion et repartir ensemble dans la mission.

La Parole de Dieu nous indique aujourd’hui une condition essentielle de ce nouveau départ : nous ne pouvons pas prétendre servir Dieu si nous refusons de nous réconcilier avec nos frères et nos sœurs.

2. Ben Sirac nous avertit : « Rancune et colère, voilà des choses abominables. » Aussi,  il ajoute : « Pardonne à ton prochain le tort qu’il t’a fait. » Cette Parole nous rejoint dans nos familles, nos paroisses, nos communautés religieuses, nos mouvements et nos relations quotidiennes. Nous pouvons prier, participer aux célébrations et exercer des responsabilités dans l’Église ; mais si nous entretenons volontairement les rancunes, les rivalités et les divisions, notre témoignage chrétien perd sa force.

Pardonner ne signifie pas dire que le mal est bien, ni renoncer à la vérité et à la justice. Pardonner signifie refuser que le mal reçu produise en nous un nouveau mal. C’est décider que la blessure ne deviendra pas une demeure permanente de la haine dans notre cœur.

3. Saint Paul, dans la deuxième lecture d’aujourd’hui nous donne ensuite une parole qui peut éclairer toute notre année pastorale : « Aucun d’entre nous ne vit pour soi-même. »

Le prêtre ne vit pas son ministère pour lui-même. Le religieux ou la religieuse ne vit pas sa consécration pour soi-même. Le catéchiste et le responsable pastoral ne reçoivent pas leur mission pour eux-mêmes. Le chrétien ne reçoit pas ses talents, ses compétences et ses biens uniquement pour lui-même. Nous appartenons au Seigneur et, dans le Seigneur, nous appartenons les uns aux autres.

4. Cette vérité prend aujourd’hui une signification particulière. Les fidèles de la paroisse cathédrale Sainte-Famille et ceux de la paroisse Saint-Sauveur sont réunis autour du même autel. Nous ne sommes pas deux Églises ni deux peuples de Dieu. Nous sommes une seule famille diocésaine, rassemblée par le même Christ, nourrie du même Pain et appelée à la même mission.

5. L’Évangile va plus loin. Pierre demande à Jésus : « Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? » Jésus répond : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois. »

Par la parabole du serviteur impitoyable, Jésus nous montre un homme qui reçoit une immense miséricorde mais refuse ensuite de faire miséricorde à son frère. Voilà son drame : il a reçu le pardon sans laisser le pardon transformer son cœur.

6. Frères et sœurs, au seuil de cette année pastorale, interrogeons-nous : existe-t-il dans nos familles des personnes qui ne se parlent plus ? Dans nos communautés, des rancunes anciennes ? Entre responsables, des rivalités qui paralysent la mission ? Entre prêtres, consacrés et fidèles, des blessures que nous refusons d’affronter dans la vérité et la charité ?

7. Nous ne pouvons pas commencer véritablement une année nouvelle en transportant indéfiniment les vieux conflits. Une année pastorale nouvelle exige aussi des cœurs renouvelés. Il faut parfois avoir le courage de recommencer, de se parler directement, de reconnaître ses torts, de demander pardon et d’accorder le pardon.

8. C’est ici que la Parole de ce dimanche rejoint admirablement le thème que j’ai choisi pour notre année pastorale : « Elle se leva et elle les servait » (Lc 4,39).

Avant de servir, cette femme a été relevée par Jésus. Le Christ s’approche d’abord de notre fragilité. Il nous relève et restaure en nous ce que la fatigue, les blessures et le péché ont affaibli. Mais une fois relevée, la femme ne garde pas pour elle la grâce reçue : elle se met à servir.

9. Le serviteur de l’Évangile d’aujourd’hui avait lui aussi reçu une grâce immense : sa dette avait été remise. Mais il n’a pas transformé la grâce reçue en grâce donnée.

Voilà donc une question que chacun peut porter durant cette année : Qu’ai-je reçu du Seigneur et qu’est-ce que j’en fais pour les autres ?

J’ai reçu le pardon : est-ce que je pardonne ? J’ai reçu des compétences : est-ce que je les mets au service de la communauté ? J’ai reçu une responsabilité : est-ce que je l’exerce comme un service ou comme un pouvoir ? J’ai reçu la foi : est-ce que je la transmets ? J’ai été relevé par le Christ : suis-je prêt à me lever pour servir ?

10. Chers frères et sœurs, notre diocèse a besoin de chacun. Nous n’avons pas tous les mêmes moyens ni les mêmes responsabilités, mais chacun peut offrir quelque chose : une prière, du temps, une compétence, une présence auprès d’un malade, une aide à une famille éprouvée, une contribution à la communauté ou simplement une parole qui réconcilie.

Que la paroisse cathédrale Sainte-Famille soit toujours davantage une famille où l’on accueille, où l’on pardonne et où l’on sert. Que la paroisse Saint-Sauveur soit toujours davantage un lieu où le Christ Sauveur relève les personnes et les envoie servir. Et que notre rassemblement d’aujourd’hui manifeste notre volonté de marcher ensemble comme une seule Église diocésaine.

11. À la fin de cette Eucharistie, ma Lettre pastorale pour l’ouverture de l’année 2026-2027 vous sera lue. Je vous invite à l’accueillir non comme un simple document, mais comme une orientation pour notre marche commune. Elle nous propose trois mouvements complémentaires : accueillir la grâce du Christ, grandir dans la communion et se mettre au service. Que la Parole entendue aujourd’hui prépare donc nos cœurs à cet appel. Puisque le Seigneur nous pardonne, pardonnons ; puisqu’il nous rassemble, réconcilions-nous ; puisqu’il nous relève, levons-nous et servons ensemble notre diocèse par la grâce du Christ.

Que la Vierge Marie, Servante du Seigneur, accompagne notre marche et nous apprenne à transformer en service la grâce que nous recevons.

Bonne et fructueuse année pastorale 2026-2027 à toutes et à tous ! Amen.

 

Donnée en la Cathédrale Sainte famille à Popokabaka, le treizième jour du mois de septembre de l’année du Seigneur deux mille vingt-six.

Abbé Cyrille IKOMBA MANKELELE MAMBI
Administrateur Apostolique du diocèse de Popokabaka